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Opération reverdir le Sahel mercredi 12 mai 2004, par Maxence |
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Et si les déserts se transformaient en vergers ? Au Sénégal, une expérience d'irrigation raisonnée, menée depuis 1996, fait ses preuves contre la désertification. Son secret : l'Irrigasc. Un tuyau percé qui fait du goutte à goutte. Bien accompagné, le système permet de reverdir les cultures et nourrir les familles. Une victoire sur le terrain qui décuple les espérances.
En 30 ans, le désert du Sahel a progressé vers le sud de l'Afrique de 150 à 200 km sur un front de 4 000 km, de Djibouti au Sénégal. Une surface supérieure à la superficie de la France. Pourtant, à Fatick, au Sénégal, à 150 km au sud-est de Dakar, ce n'est pas le cas. Ici il y a des arbres, de fruits, de l'ombre. Le désert n'a plus sa place. Au contraire des véritables déserts, comme le Sahara, les zones du Sahel devenues désertiques sont encore fertiles en profondeur. Toute la difficulté pour les cultures consiste à les atteindre. Les chaleurs du climat - au Sénégal il fait en moyenne entre 45° et 55° au sol - ne favorisent pas un arrosage en surface. La consommation d'eau est trop importante, l'évaporation quasi-immédiate et les plantes ne peuvent en bénéficier. Les racines végètent, tire-bouchonnent ou affleurent la surface. Dans ses conditions, l'enracinement et la croissance d'un arbre est impossible. L'irrigation goutte à goutte Un an et demi plus tard, au rythme de ses trois arrosages hebdomadaires, les racines de la plante sont d'une taille suffisante pour atteindre les couches plus fertiles. Dès lors, les arbres n'ont plus besoin d'être arrosés. La gaine s'est désagrégée. Les embouts sont récupérés pour fabriquer de nouveaux irrigasc. Encore deux années d'attente, et la récolte peut commencer. un contrat sous conditions Un manguier adulte peut produire 400 kg de fruits par an. Une centaine d'arbres suffisent à rendre une famille autosuffisante, en lui fournissant de quoi s'alimenter ou vendre sur les marchés. Les premières années, un rapide calcul montre un gain équivalent à cinq fois le revenu moyen annuel, estimé à moins de 200 euros. 7 ans après le début de la plantation, lorsque l'arbre entame sa maturité, le revenu de l'agriculteur grimpe à 10 fois la moyenne. Tandis que les racines des arbres s'enfoncent elles à 20 mètres sous terre. Testé depuis 1996 à petite ou plus grande échelle, au Sénégal et dans d'autres pays africains, les résultats ont dépassé les espérances. Avec le retour de l'humidité, l'écosystème entier se trouve relancé. Même les pluies sont de retour. Aujourd'hui près de 150 000 arbres ont été plantés de cette façon. Bien plus que les 20 000 initialement prévus. Le Président du Sénégal a accordé une bourse de 45 millions d'Euros à l'ingénieur français pour qu'il adapte son système à la culture du manioc. Le réseau du Rotary Club, sollicité par Jacques Gasc (dont il est membre lui-même), se mobilise et ambitionne le million d'arbres plantés en 2007. Le mouvement est lancé. "La réussite est totale" résume Jackie Tiphaigne, président du Rotary Club de Vendôme (41) et coordinateur principal de l'initiative. "Les gens redeviennent des acteurs économiques autonomes. Les terres sont irriguées, les arbres grandissent, et le reste des cultures suit en poussant dans l'ombre et la fraîcheur des manguiers. Finalement, on va au-delà des arbres, conclut-il, en enracinant l'homme à sa place." Publié en mai 2004 sur le site novethic.fr site officiel : : www.irrigasc.com |
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